
CHAPITRE 21 — POINT DE CARTE
Gela
Oiseaux, tuiles et gratitude
« Nous étions venus chercher un refuge.
Nous avons trouvé un lieu où laisser une trace. »
Extrait du chapitre 21 — Racines peintes, racines retrouvées
Nous sommes arrivés à la réserve naturelle de Gela épuisés, amaigris, presque au point de rupture.
Près d’un petit barbecue de pierre, nous avons monté la tente, puis proposé au directeur un échange simple : deux fresques contre le gîte et le couvert.
Il a accepté.
Ce « oui » a changé le cours du voyage.
Nous avons reçu un dortoir rudimentaire, une douche, quelques lits et une liberté rare. Chaque semaine, nous partions chercher des provisions avec Leonardo. Le reste du temps, nous peignions, entretenions le terrain et observions les oiseaux du lac.
Élise décorait des tuiles avec la faune locale. De mon côté, j’apprenais l’italien dans les livres de la réserve et tentais d’expliquer notre démarche aux groupes de scouts.
Peu à peu, le troc était devenu autre chose : une mission de transmission, un laboratoire de lenteur et une famille de passage.
Chaque oiseau peint, chaque tuile et chaque geste portait la même parole silencieuse :
merci.
À Gela, la gratitude a pris la forme d’ailes, de couleurs et de racines : une dernière trace offerte à la terre qui nous avait enfin permis de nous arrêter.