
CHAPITRE 4 — POINT DE CARTE
Langkawi
Sous les frangipaniers
« Après le marbre et les cendres,
il fallait retrouver le vent, le sel et l’instinct. »
Extrait du chapitre 4 — Luxe, cendres et sel
Après cinq semaines à jouer du piano dans un palace, à vendre des toiles dans le lobby et à respirer un air saturé de cendres, nous avons quitté Kuala Lumpur pour l’île de Langkawi.
Nous sommes allés loger chez une amie allemande d’Élise, dans une petite maison entourée de jungle et d’humidité.
C’était une autre Malaisie.
Chaude. Libre. Organique.
Nous avons loué deux scooters pour explorer les plages, les falaises et les marchés.
Chaque matin, nous partions à l’aventure : routes sinueuses, mangroves, fruits trop mûrs, grottes silencieuses.
Nous laissions le vent sécher notre peau salée.
Nous faisions de la randonnée à travers la jungle, en short, le sac léger, les visages tannés par le soleil.
Il n’y avait pas de programme.
On écrivait à peine.
On ne peignait pas.
Mais on vivait.
Intensément.
Langkawi fut un sas de décompression entre la verticalité de Kuala Lumpur et la rigueur géométrique de Singapour.
Un retour à l’instinct.
Sous les frangipaniers, le voyage avait cessé de demander quelque chose de nous. Pendant quelques jours, il nous avait simplement laissés vivre.