
CHAPITRE 17 — POINT DE CARTE
Portugal
Feux de forêt, refuge du curé
« Quand le ciel s’est rempli de cendres,
une porte est restée ouverte. »
Extrait du chapitre 17 — Feu intérieur, silence extérieur
Au réveil, des cendres noires couvraient la tente.
Le ciel était orange, les hélicoptères bourdonnaient au loin, et les Canadairs tournaient au-dessus des crêtes.
Un homme est apparu entre les buissons.
— The fires are close. Less than five kilometers away. Leave now.
Nous avons plié bagage en quelques minutes, puis gravi un col dans la fumée. En contrebas, des habitants tentaient de protéger leur maison avec de simples boyaux d’arrosage. Les pins brûlaient, les routes se fermaient, les avions rayaient le ciel.
Dans un village épargné, un prêtre nous a arrêtés.
— Ne repartez pas. C’est trop dangereux dehors.
Il nous a ouvert le presbytère. Pour échapper à la chaleur, nous avons installé la tente dans le garage du sous-sol.
Pendant plusieurs jours, nous sommes restés là, entre les sirènes, les colonnes de fumée et les nouvelles du front.
Puis l’air est enfin redevenu respirable.
Au milieu du feu, le refuge ne fut pas seulement un bâtiment : ce fut la voix calme d’un homme nous disant simplement de rester en vie.