
ÉPILOGUE — POINT DE CARTE
Sainte-Adèle
La cabane et les compositions
« Dans quelques mètres carrés de bois et de silence,
j’ai commencé à recoller les morceaux. »
Extrait de l’épilogue — Revenir pour mieux repartir
Après une nouvelle chute, je suis revenu vers les Laurentides avec le cœur en pièces et les mains occupées.
Une ancienne cabane de pêcheur de six pieds sur dix est devenue mon refuge.
Je l’ai isolée, aménagée, habitée.
Un brûleur à alcool, une glacière, quelques objets essentiels — et mon piano contre le mur.
Autour, la neige, le feu, la forêt et le silence.
Pendant deux ans, cet espace minuscule fut à la fois une maison, un atelier et un sanctuaire.
J’y ai appris à rester avec ce qui faisait encore mal, sans chercher à fuir ni à sauver qui que ce soit.
Peu à peu, la douleur s’est transformée en matière créative.
Des fragments de musique ont commencé à apparaître.
Fragiles d’abord.
Puis plus clairs.
Dans cette cabane improbable, je ne reconstruisais pas seulement des compositions.
Je reconstruisais ma propre voix.
À Sainte-Adèle, le silence n’était plus un vide : il devint l’espace nécessaire pour que la musique, et l’homme derrière elle, puissent recommencer à respirer.