
CHAPITRE 6 — POINT DE CARTE
Thaïlande
Une parenthèse dans la lumière
« Pour la première fois depuis des mois,
rien ne nous était demandé. »
Extrait du chapitre 6 — Une parenthèse dans la lumière
Après Singapour, nous avions besoin de nous poser.
Juste respirer.
Nous sommes partis de Langkawi et avons pris un ferry vers la province de Satun, dans le sud de la Thaïlande.
Sans but précis. Sans attente.
Nous cherchions simplement un endroit tranquille, une île oubliée quelque part dans la mer d’Andaman.
Nous avons trouvé un petit bungalow en bois, suspendu entre les arbres, avec vue sur la mer.
Une maison sur pilotis, modeste, mais parfaite.
Il y avait un hamac, un toit en tôle ondulée et le bruit régulier des vagues.
Ce fut notre nid pendant une semaine entière.
Il n’y eut ni troc, ni performance, ni peinture.
Seulement le silence, la chaleur et l’érosion lente des tensions accumulées depuis des mois sur la route.
Les journées s’égrainaient sans heurt.
Nous marchions pieds nus, nagions dans une mer tiède et turquoise, et ne parlions presque pas.
Le sable fin, le chant des grillons et les cocotiers balançant leurs ombres sur les hamacs semblaient vouloir nous convaincre de rester là indéfiniment.
Certains après-midis, nous embarquions sur une petite barque locale pour longer la côte.
Le moteur clapotait doucement. Les falaises karstiques se dessinaient dans la brume. Le soleil disparaissait derrière les pins tropicaux.
C’était simple.
Et beau.
Ce fut la première semaine depuis des mois sans troc, sans performance et sans justification. Nous mangions pour manger, marchions pour marcher, et existions simplement pour respirer.